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Un programme pour contrer les récidives d’AVC

Des chercheurs mettent le soutien téléphonique à l’épreuve pour aider les survivants de l’AVC à réduire leur risque de récidive.

Julia Cook a commencé à manger plus de légumes et à réduire sa consommation de sel et de sucre. Si elle a réussi à adopter ces bonnes habitudes alimentaires, c’est grâce à son accompagnatrice.

Âgée de 72 ans, Julia se rétablit d’un AVC qu’elle a subi il y a un an. Dans le cadre d’une étude unique en son genre appelée « Stroke Coach », elle reçoit des appels d’accompagnement réguliers pour l’aider à apporter des changements simples à son mode de vie et, ainsi, réduire son risque de récidive.

L’accompagnement a toujours joué un rôle important pour améliorer les compétences des sportifs. Depuis quelques années, il est même devenu un atout essentiel en milieu de travail. En effet, on voit de plus en plus de supérieurs agir à titre de mentors aux nouveaux employés, et d’entreprises faire appel à des professionnels pour former leurs employés sur divers sujets, de l’étiquette professionnelle à l’utilisation de nouveaux logiciels.

Les Drs Janice Eng et Brodie Sakakibara, du département de physiothérapie de l’Université de la Colombie-Britannique, ont ouvert les portes de la médecine à cette technique.

 

Réduire les récidives d’AVC

La Dre Eng a eu l’idée de créer Stroke Coach, car elle était préoccupée par le fait qu’un survivant de l’AVC sur trois subit une récidive, principalement en raison de troubles cardiovasculaires, notamment l’hypertension artérielle

Coeur + AVC Dre. Janice Eng

Dre. Janice Eng

« Généralement, la réadaptation chez les patients ayant subi un AVC se concentre surtout sur le retour de fonctions physiologiques telles que la capacité de marcher ou de parler. Cependant, peu d’efforts sont misés sur la modification des habitudes de vie pour réduire le risque de subir un autre AVC ou une crise cardiaque, explique la Dre Eng. Le programme Stroke Coach a été créé pour combler cette lacune. »

Karen Hayley, l’une des accompagnatrices de l’étude, offre ses services de counselling éducatif et comportemental à une dizaine d’aînés qui vivent avec les séquelles d’un AVC, mais qui ne reçoivent plus de soins de réadaptation. Au cours d’une période de six mois, elle tient sept séances d’accompagnement téléphonique de 30 à 60 minutes avec chacun d’eux.

Pendant ces appels, elle fait partager ses conseils sur l’adoption d’un mode de vie et ses stratégies pour améliorer les comportements liés à la santé. Par exemple, un participant atteint d’hypertension artérielle pourrait recevoir des conseils pour réduire sa consommation de sel sans toutefois sacrifier le goût de ses repas. Un autre pourrait demander à Karen de l’aider à gérer son stress.

 

Des liens forts malgré la distance

J’ai demandé à Karen, qui a travaillé en réadaptation dans le passé, de me parler des différences entre les consultations en personne et par téléphone.

« On peut rencontrer des obstacles, particulièrement au début. C’est inévitablement différent, car il est impossible d’observer les expressions faciales et le langage corporel. Il faut aussi un peu de pratique pour ne pas toujours remplir les silences à l’autre bout du fil, car, souvent, les patients peuvent souffrir d’aphasie ou avoir une capacité de réflexion affaiblie. Mais, une fois que la relation est bien établie, je crois que l’accompagnement par téléphone facilite la création de liens privilégiés avec les participants. »

Julia, qui habite à Prince George, en Colombie-Britannique, a déjà remarqué des résultats positifs de ses conversations avec Karen. « J’ai même convaincu mon mari d’améliorer son alimentation, se félicite-t-elle. Trois fois par semaine, je marche sur une distance de six ou huit pâtés de maisons et je participe à des classes de tai-chi et de conditionnement physique. Les résultats sont visibles : j’ai perdu du poids et réduit ma pression artérielle! »

Karen Hanley

Karen Hanley

La Dre Eng espère que le programme réduira le risque de crise cardiaque et de récidive d’AVC chez les survivants. Dès que les résultats de l’étude seront prêts, elle veut travailler avec les autorités de santé locales pour mettre en œuvre le programme Stroke Coach à plus grande échelle.

« Les coûts de mise en œuvre de ce service sont relativement bas, et l’approche téléphonique permettrait au programme de joindre un nombre élevé de survivants, et ce, dans les régions tant urbaines que rurales, explique la Dre Eng. En évaluant le coût par rapport aux avantages, nous pourrons déterminer si le programme fait en sorte que les participants utilisent plus ou moins de services de santé. Nous espérons que cette information justifiera l’investissement que représente l’adoption du programme. »

Stroke Coach est financé par le Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC (PCRA). Il est également soutenu par la Fondation des maladies du cœur et d’autres partenaires clés.

Ce programme est un exemple tangible de l’impact que peut avoir l’application pratique de la recherche pour améliorer des vies. Karen et les autres accompagnateurs offrent aux participants bien plus que des stratégies pour réduire leur risque de maladies futures; ils leur donnent du soutien moral et des encouragements personnalisés à une étape du rétablissement où beaucoup se sentent vulnérables.

Dirigé par la Dre Eng et le Centre de réadaptation GR Strong, le programme Stroke Coach est mis en œuvre par une équipe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, du Centre de réadaptation GF Strong et de l’Université Simon Fraser dont font partie les Drs Scott Lear et Brodie Sakakibara de la Community Health Research Team (CoHeaRT).

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