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Le Canada lancera les premières obligations à impact social pour prévenir l’hypertension

Ce modèle de financement novateur aidera encore davantage de personnes à réduire leur risque de maladies du cœur et d’AVC

Comme le dit le vieux proverbe, mieux vaut prévenir que guérir.

Mais ces efforts de prévention, combien coûtent-ils? À l’heure actuelle, au Canada, presque la totalité du budget de la santé est consacrée aux soins actifs pour les malades : il n’en reste qu’un maigre 5 % pour les programmes de santé publique susceptibles de prévenir les maladies.

Mais tout cela pourrait bien changer avec un tout nouveau partenariat de financement, qui demande l’aide d’investisseurs privés pour surmonter les grands défis de notre société.

Les obligations à impact social, la toute dernière innovation du domaine du financement social, fonctionnent par rendement sur résultat. C’est un modèle unique qui permet aux organismes à but non lucratif, à des partenaires du secteur privé et à des investisseurs privés de faire équipe avec le gouvernement en vue d’appuyer des programmes visant à atteindre des résultats sociaux mesurables.

Depuis le lancement de ces obligations, en 2010, la majorité des projets suivant ce modèle ont été consacrés à l’amélioration de résultats sociaux de groupes de population à risque, par exemple pour lutter contre l’itinérance ou réduire le nombre d’enfants en famille d’accueil.

Quand un programme atteint ses objectifs, les investisseurs qui l’ont financé récupèrent les sommes investies avec des intérêts de la part du gouvernement.

En 2017, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC lancera les toutes premières obligations à impact social du Canada dans le domaine de la santé en partenariat avec l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et le Centre d’investissement d’impact MaRS (CIIM).

Ensemble, ils procéderont donc au lancement de l’Initiative communautaire de prévention de l’hypertension (ICPH). Son objectif, comme son nom l’indique, est de prévenir l’hypertension artérielle.

Nous avons pris quelques instants avec Doug Roth, chef de la direction stratégique et directeur en chef des finances de la Fondation, pour mieux comprendre comment les obligations à impact social parviendront à aider à renforcer les efforts de prévention des maladies chroniques au Canada.

 

Pourquoi l’hypertension artérielle?

L’hypertension, qui consiste en une pression artérielle élevée, est le plus important facteur de risque associé à l’AVC ainsi que l’un des principaux facteurs de risque associés aux maladies du cœur. À l’heure actuelle, on estime que six millions de personnes au pays souffrent de cette condition, alors que six autres millions y sont prédisposés.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il s’agit d’un problème important qui touche bien des gens. La bonne, c’est qu’il est possible d’agir pour le contrer. Les gens qui changent leur mode de vie, et principalement ceux qui sont au stade de la préhypertension, pourraient bien ne jamais avoir à prendre de médicament pour y remédier. 

 

Comment le programme fonctionnera-t-il?

Notre objectif est d’abord d’admettre 7 000 personnes au stade de la prédisposition au sein du programme de l’ICPH, puis de les aider à éviter que leur pression artérielle continue d’augmenter jusqu’à devenir de l’hypertension. Si nous parvenons à atteindre ces deux objectifs, les investisseurs qui nous ont aidés à financer le programme récupéreront les sommes qu’ils avaient investies, avec des intérêts du gouvernement fédéral.

 

Que vivront les participants?

Dès l’année prochaine, des bénévoles formés de la Fondation se trouveront dans certaines pharmacies Shoppers Drug Mart et épiceries Loblaws de Toronto, puis de Vancouver en 2018. Les gens qui désirent participer à l’ICPH pourront s’asseoir avec l’un de nos bénévoles pendant 20 à 30 minutes pour remplir une évaluation du risque. Les bénévoles mesureront également leur pression artérielle.

Si la personne est préhypertendue, elle sera invitée à participer au programme en ligne, dans le cadre duquel elle recevra gratuitement un encadrement et de l’aide pour améliorer son régime alimentaire et faire davantage d’activité physique.

Six mois plus tard, elle sera invitée à une lecture finale de pression artérielle en personne. Pendant cette dernière séance, elle aura également l’occasion de parler de ce qui a fonctionné ou non, et de ce qu’elle peut faire pour continuer à améliorer ses habitudes de vie.

 

Pourquoi les patients au stade de la préhypertension?

Les statistiques nous disent que les gens préhypertendus finiront par développer une hypertension artérielle si aucune mesure n’est prise. Des études ont notamment démontré que 50 % des personnes âgées qui sont prédisposées à cette condition feront de l’hypertension en l’espace de quatre ans. Notre objectif, en bref, est d’empêcher ce phénomène de se produire. Aucun remède n’est meilleur que la prévention et nous souhaitons aider ces gens à éviter les maladies du cœur et l’AVC.

 

En quoi les obligations à impact social se distinguent-elles des autres modèles de financement?

Ce genre de projet communautaire intéresse généralement les investisseurs philanthropes, pas les magnats de Wall Street. Ces investisseurs veulent avoir un impact social véritable.

Auparavant, la seule manière pour eux d’avoir cet impact consistait à donner une subvention. Mais après une subvention, l’argent ne revient plus. Par opposition, quand on investit dans des obligations à impact social, on peut en tirer un véritable impact social, puis récupérer son argent et recommencer.

 

Y aura-t-il d’autres programmes de prévention financés de cette manière?

Ce modèle de financement a un bon potentiel dans certains secteurs de la santé. Le gouvernement n’a jamais pu investir autant que nous l’aurions désiré en prévention. D’une certaine manière, nous avons été en mesure de définir un cadre moins risqué d’investissement en prévention pour les gouvernements. Effectivement, les sommes fournies par ceux-ci dépendent de l’atteinte d’objectifs convenus d’avance. Autrement, si le programme ne fonctionne pas, ce sont les investisseurs qui doivent assumer les risques et qui peuvent perdre une partie de leur capital.

 

Pourquoi la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC est-elle à la tête du premier programme à rendement sur résultat au pays dans le domaine de la santé?

La Fondation a toujours mis l’accent sur l’innovation. Elle est le plus grand organisme subventionnaire de la recherche, la source même de l’innovation, après le gouvernement fédéral. Pour ma part, je suis ravi de la voir continuer sur cette lancée.

Ce programme est également directement lié à nos valeurs. Tout ce que nous allons faire dans le cadre de ce programme, nous l’avons déjà fait. Nous avons déjà eu des bénévoles dans des cliniques de dépistage. Nous avons déjà créé des outils électroniques efficaces. Tout cela, nous y avons déjà travaillé. La Fondation se trouve dans une position absolument unique pour lancer ce programme novateur.

 

 

L’investissement à impact social pourrait-il un jour prendre la place de la collecte de fonds habituelle?

Absolument pas. Une grande partie des efforts de la Fondation ne peuvent pas et ne devraient pas être financés de cette manière. L’objectif principal de l’investissement à impact social est d’attirer de nouveaux capitaux pour financer la lutte contre des problèmes sociaux, des capitaux autres que les dons admissibles aux reçus fiscaux.

Nous nous fions à nos donateurs pour financer les découvertes médicales qui peuvent sauver des vies. Ce besoin est plus urgent que jamais, et nos donateurs et alliés nous aideront à relever le défi.

 

 

Nous acceptons les commentaires sur nos articles, mais vous prions d’éviter l’utilisation de propos dégradants et de demeurer courtois et respectueux envers les opinions des autres. La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC se réserve le droit de supprimer les commentaires non conformes à sa politique.

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