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Conseils sur la saine alimentation — hier et aujourd’hui

Cette diététiste a vu nombre d’idées sur l’alimentation. Elle présente les principaux changements et les perspectives d’avenir

Diététiste-nutritionniste agréée, Carol Dombrow met son expertise en nutrition au service de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC en matière d’information et de politiques depuis 1986. Elle a récemment reçu le prix Diététiste de l’année du Réseau commerce et industrie des Diététistes du Canada.

Nous avons demandé à Carol Dombrow de nous parler des changements qu’elle a observés dans les conseils sur l’alimentation, et de nous faire part des perspectives d’avenir en matière d’alimentation favorable à la santé du cœur.

 

Une ère nouvelle pour le Guide alimentaire canadien

À mesure que nous en apprenions davantage sur l’alimentation, plusieurs changements ont été apportés aux recommandations formulées dans le Guide alimentaire canadien.

Carol Dombrow, diététiste-nutritionniste

Carol Dombrow, diététiste

En 1982, ce dernier mettait l’accent sur un « régime de base », qui établissait les quantités minimales requises de nutriments et les limites recommandées de gras, de sel et d’alcool.

En 1992, la version révisée du Guide accordait une plus grande importance à la nécessité de satisfaire les besoins aussi bien énergétiques que nutritionnels. L’objectif était de montrer à la population comment tous les aliments, même ceux à faible valeur nutritive, comme la confiture, le chocolat et les bonbons, peuvent être intégrés à une saine alimentation s’ils sont consommés avec modération. Mais quinze ans plus tard, le nouveau Guide a abandonné cette position compte tenu de la hausse des taux d’obésité et de diabète de type 2.

Le Guide alimentaire canadien de 2007, qui est encore en vigueur aujourd’hui, formule des recommandations sur les types et les quantités d’aliments à consommer dans le cadre d’une saine alimentation, en mettant l’accent sur la réduction des maladies chroniques. Il insiste sur l’importance de réduire les apports de gras, de sucre et de sel et offre des conseils précis en fonction de l’âge et du sexe.

Le Guide subira encore d’autres changements. À mesure que la recherche dans le domaine de la nutrition permet de mieux comprendre les liens entre l’alimentation et la santé, Santé Canada, en collaboration avec des organismes concernés comme la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (la « Fondation »), continue de renforcer sa stratégie visant à promouvoir une saine alimentation. De nombreux efforts sont actuellement déployés afin de veiller à ce que la prochaine version du Guide réponde aux besoins de l’ensemble de la population canadienne. Cette stratégie améliorée semble très prometteuse, et nous sommes impatients d’en découvrir la prochaine version, nous l’espérons, dans un avenir pas trop lointain.

 

L’émergence des aliments transformés

À la fin du 20e siècle, les études de consommation indiquaient un changement dans les habitudes alimentaires : les gens consommaient de plus en plus d’aliments transformés et prêts-à-manger, plutôt que des repas préparés à la maison. J’ai moi-même pu constater cette tendance en jetant un coup d’œil dans le chariot d’épicerie des autres clients pendant que je faisais mes courses.

De toute évidence, même si les consommateurs se détournaient des aliments préparés à la maison, ils tiraient profit des recommandations officielles sur la façon de faire les meilleurs choix d’aliments transformés. Ici, la Fondation a montré la voie en créant Visez santé, un programme d’étiquetage nutritionnelle sur le devant de l’emballage. Il consistait à travailler en étroite collaboration avec des fabricants de produits alimentaires et des restaurateurs pour mettre au point des options plus favorables à la santé — qui étaient parfois sujettes à controverse. 

Au fil du temps, d’autres programmes d’étiquetage sur le devant de l’emballage ont mis sur pied, ce qui, du point de vue de la Fondation, a constitué une source de confusion pour les consommateurs. Par conséquent, après 15 ans d’efforts visant à aider la population du pays à faire de meilleurs choix d’aliments transformés, il a été décidé de mettre fin au programme Visez santé. Aujourd’hui, la Fondation met l’accent sur l’importance de préparer les repas à la maison avec des ingrédients frais et de réduire la consommation d’aliments transformés.

 

La débâcle des gras trans

Comme de plus en plus de données probantes indiquaient que les gras saturés exposaient les consommateurs à un risque de maladies du cœur, les fabricants de produits alimentaires se sont efforcés de trouver un substitut plus sain. Cette quête a mené à l’utilisation des gras trans, des dérivés d’huiles partiellement hydrogénées. Cependant, il a ensuite été découvert que les gras trans exposaient les consommateurs à un risque encore plus élevé de maladies du cœur.

En s’appuyant sur ces nouvelles connaissances, la Fondation a coprésidé un groupe de travail sur les gras trans en collaboration avec Santé Canada et a établi, en 2007, des limites pour les quantité d’huiles partiellement hydrogénées qu’on retrouve surtout dans les margarines, les produits de pâtisserie et de boulangerie, les grignotines, et les aliments frits et panés. Bien que les quantités de gras trans aient été considérablement réduites, 3 % de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ne respecte toujours pas ces limites. Veillez donc à vérifier soigneusement les listes d’ingrédients lorsque vous faites vos courses.

 

Le problème avec les aliments faibles en gras

La recommandation du Guide alimentaire canadien selon laquelle il faut consommer moins de gras a eu une conséquence inattendue sur la production alimentaire. Pour dire les choses simplement, moins de gras signifiait moins de saveur. Les fabricants devaient, d’une façon ou d’une autre, redonner de la saveur à leurs produits.

Ils ont commencé à augmenter les quantités de sel, de sucre et d’épaississants pour rehausser la saveur de leurs produits afin de rendre ces derniers plus attrayants auprès des consommateurs.

Le résultat net a été une réduction des matières grasses dans les aliments transformés, mais aucune réduction calorique et aucune amélioration de la valeur nutritive. En outre, nous savons que la consommation excessive de sucre et de sel est associée à des effets néfastes sur la santé, notamment les maladies du cœur, l’AVC, l’obésité et le diabète.

Bien que des changements positifs commencent à être observés dans l’industrie des aliments transformés, votre meilleure option est de consommer une grande variété d’aliments entiers et peu transformés.

 

La « renaissance » de la cuisine maison

J’ai toujours estimé que la meilleure approche pour aider la population du pays à adopter une saine alimentation est de lui offrir des conseils pratiques pour la préparation de repas délicieux à la maison. Ainsi, en 1988, j’ai eu le plaisir de participer à la publication de l’ouvrage Bonne table et bon cœur, le livre de recettes le plus vendu de la Fondation. Plus d’un million d’exemplaires ont été vendus, et ce succès a conduit l’organisme à publier plusieurs autres livres de recettes.

Bien que la Fondation ne publie plus de livres de recettes, aujourd’hui, elle est fière de proposer des centaines de recettes bonnes pour la santé du cœur sur son site Web. Elles ont toutes été soigneusement revues afin de vérifier qu’elles répondent à des critères stricts permettant de garantir qu’elles ont de faibles teneurs en sucre, en sel et en gras et qu’elles sont riches en fibres.

Aujourd’hui, je suis heureuse de voir cet engouement renouvelé pour la cuisine maison, favorisé par des influences comme les émissions culinaires de télé-réalité, les vidéos sur YouTube, les blogues sur la saine alimentation, les sites Web offrant des recettes et des conseils sur la préparation des aliments, les marchés fermiers ainsi que l’agrandissement des rayons de fruits et légumes frais dans les supermarchés. En outre, je constate qu’un plus grand nombre de mes collègues diététistes-nutritionnistes font la promotion de la cuisine maison. 

Il s’agit là de changements réellement positifs qui inciteront la population à adopter une saine alimentation. Et, si nous ne devions retenir qu’une seule information sur les liens entre l’alimentation et la santé, ce serait la suivante : près de 80 % des maladies du cœur et des AVC précoces peuvent être évités en adoptant un mode de vie favorable à la santé, notamment une saine alimentation.

En d’autres termes, le fait de préparer vos propres repas à la maison en suivant des conseils judicieux peut vous aider à prévenir les maladies du cœur et les AVC.

 

Que réserve l’avenir?

Les consommateurs veulent avoir des renseignements sur tout ce qu’ils achètent, et peuvent souvent les obtenir rapidement en faisant une simple recherche sur Google. Mais poser les bonnes questions, trouver les ressources les plus crédibles ainsi que les renseignements les plus pertinents et les plus précis et les interpréter correctement n’est pas chose facile, surtout que la science de la nutrition ne cesse d’évoluer.

Pour ma part, j’ai pour philosophie d’essayer de garder les choses simples lorsqu’il s’agit d’alimentation :

  • Adoptez une alimentation saine et équilibrée comprenant principalement une grande variété d’aliments entiers.
  • Consommez aussi davantage de légumes et fruits, une grande variété de sources de protéines, moins d’aliments hautement transformés, et des grains entiers de préférence.
  • Si vous avez soif, buvez de l’eau ou du lait nature.

Cette approche est simple, mais nécessite de planifier, rechercher et préparer vos repas en veillant à réduire considérablement votre dépendance à l’égard des aliments prêts-à-manger et préemballés. Autrement dit, pour vivre simplement, il faut un minimum d’engagement.

Mais je vous le garantis : une fois que vous aurez essayé ce mode de vie, vous l’adopterez.

Nous acceptons les commentaires sur nos articles, mais vous prions d’éviter l’utilisation de propos dégradants et de demeurer courtois et respectueux envers les opinions des autres. La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC se réserve le droit de supprimer les commentaires non conformes à sa politique.

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