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Wife comforting senior husband suffering from dementia

Le lien entre l’AVC et la démence

Quel lien unit ces deux problèmes de santé? Un chercheur reconnu nous explique.

Des chercheurs ont prouvé qu’il existe un lien entre l’AVC et la démence vasculaire, mais ils ne font que commencer à comprendre cette relation.

Antoine Hakim

Dr Antoine Hakim

Le Bulletin sur l’AVC 2016 de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC révèle que subir un AVC fait plus que doubler votre risque de souffrir de démence plus tard. En effet, une personne sur trois au pays subira un AVC, souffrira de démence, ou les deux.

Cette relation est causée par un type de démence appelé « démence vasculaire ». Quel est son lien avec l’AVC? Comment pouvez-vous vous en protéger? Nous l’avons demandé au Dr Antoine Hakim, spécialiste de l’AVC et chercheur principal émérite à l’Institut de recherche de L’Hôpital d’Ottawa.

 

Quelle est la relation entre la démence vasculaire et la maladie d’Alzheimer?

La démence vasculaire se caractérise par une perte des fonctions cérébrales causée par l’obstruction ou une hémorragie des vaisseaux sanguins qui approvisionnent une région du cerveau. Bien que ce dernier ne pèse que l’équivalent de 2 à 3 % de votre poids corporel, il consomme plus de 20 % de l’énergie produite par votre organisme. Ainsi, sans un approvisionnement sanguin constant, il ne peut pas fonctionner adéquatement. Lorsque les vaisseaux qui transportent le sang vers le cerveau se ferment, les cellules cérébrales sont privées d’oxygène et meurent.

Les symptômes de la démence vasculaire varient en fonction de la région du cerveau qui a été endommagée. Parmi les plus courants, on compte la difficulté à trouver ses mots, des problèmes de compréhension et une diminution des capacités visuospatiales. La perte de mémoire est, quant à elle, plus souvent considérée comme un signe précoce de la maladie d’Alzheimer. Les personnes souffrant de démence vasculaire peuvent éprouver de la difficulté à se remémorer de l’information et à effectuer plus d’une tâche à la fois. La planification, l’organisation et la résolution de problèmes peuvent s’avérer de véritables défis, tout comme demeurer attentif et se concentrer sur une longue période.

La démence vasculaire diffère de la maladie d’Alzheimer également sur le plan physique. Lorsque les médecins examinent le cerveau d’un patient atteint de cette dernière, ils constatent deux anomalies : une accumulation de protéines bêta-amyloïdes entre les cellules cérébrales et causant des dommages, ainsi que la formation d’amas de protéine tau à l’intérieur de ces cellules.

En ce qui a trait à la démence vasculaire, ils y voient de petits et de gros vaisseaux sanguins qui se sont obstrués, puis fermés, et qui privent une région du cerveau de son approvisionnement sanguin. Les lésions ainsi causées interrompent les communications entre les différentes régions.

Un nombre croissant de personnes sera atteint de ce qu’on appelle la « démence mixte », dont les symptômes ressemblent à ceux de la démence vasculaire, de la maladie d’Alzheimer ou d’une combinaison des deux.

 

Quel est le lien avec l’AVC?

L’AVC se produit lorsqu’une partie du cerveau est privée de son approvisionnement sanguin. Dans la plupart des cas, il est causé par un caillot de sang qui obstrue un vaisseau sanguin (AVC ischémique), et, dans plus faible proportion, par la rupture d’un vaisseau sanguin du cerveau (AVC hémorragique). Dans les deux cas, les cellules cérébrales de la région touchée sont privées d’oxygène dans les secondes qui suivent. Chaque minute qui s’écoule avant le traitement, 1,9 million de cellules cérébrales meurent. Celles-ci contrôlent la parole, le mouvement, la mémoire, et la capacité à discuter et à écrire.

Le cerveau peut également subir des lésions moins notables qui contribuent, elles aussi, au déclin des fonctions cognitives. L’AVC silencieux, par exemple, est si faible qu’il ne provoque aucun symptôme perceptible. Cependant, il peut endommager les cellules cérébrales en provoquant la microangiopathie, c’est-à-dire des microsaignements dans le cerveau. En général, ce type de lésions est détecté trop tard, par exemple lorsqu’une personne passe une imagerie du cerveau pour trouver la source de troubles cognitifs.

 

Quels sont les facteurs de risque?

La démence vasculaire, l’AVC et toutes les maladies cardiovasculaires ont les mêmes . L’hypertension artérielle se trouve au premier rang, suivie de la fibrillation artérielle, du diabète et des autres facteurs de risque habituels pour les maladies du cœur et l’AVC : l’hypercholestérolémie, le tabagisme, l’obésité, une alimentation malsaine, la sédentarité et le stress. Bien que tous contribuent au développement de la démence vasculaire, l’hypertension artérielle demeure le facteur de risque le plus alarmant.

L’AVC fait plus que doubler votre risque de démence. En prenant les mesures nécessaires pour réduire votre risque d’AVC et d’AVC silencieux, vous réduirez par le fait même celui de démence vasculaire et de maladies du cœur.

 

Pourquoi l’hypertension artérielle est-elle si dangereuse?

L’hypertension artérielle, soit une pression artérielle élevée, est le principal facteur de risque d’AVC. Comme elle ne provoque pas de symptômes, on l’appelle souvent le « tueur silencieux ». Sans traitement, elle entraîne deux réactions dans les vaisseaux sanguins. Tout d’abord, l’athérosclérose, qui se produit lorsque les parois de ces derniers s’épaississent. Par la suite, les vaisseaux doivent se contracter pour éviter d’éclater. Cela réduit l’approvisionnement sanguin du cerveau et peut endommager le tissu cérébral.

 

Comment pouvez-vous réduire votre risque de souffrir de démence?

Pour commencer, mesurez votre pression artérielle toutes les semaines. Faites-le à la maison, alors que vous êtes détendu. Prenez note de la date et de vos résultats pour les montrer à votre médecin. Beaucoup de gens ne se sentent pas à l’aise chez le médecin et leur malaise peut faire augmenter leur pression à ce moment. Malheureusement, cette excuse est souvent utilisée pour ignorer l’hypertension artérielle. C’est pourquoi nous vous recommandons de prendre votre pression dans le confort et l’intimité de votre foyer.

Ensuite, penchez-vous sur vos autres facteurs de risque. Avoir une alimentation saine, faire de l’activité physique, réduire votre taux de cholestérol et arrêter de fumer sont des habitudes qui vous aideront à réduire votre risque d’AVC, de démence vasculaire et de maladies du cœur.

 

À part réduire vos facteurs de risque, y a-t-il autre chose que vous puissiez faire pour protéger votre cerveau?

Réfléchissez à ce que vous faites pour entretenir votre « réserve cognitive », c’est-à-dire la résistance de votre cerveau et sa capacité à contourner les lésions en utilisant de nouvelles routes pour vous permettre d’accomplir des tâches. Pour la renforcer, il vous suffit de solliciter votre cerveau davantage. Mettez-vous au défi d’apprendre de nouvelles choses ou de développer de nouvelles habiletés et compétences. Les grilles de sudoku et les jeux de mémoire ne suffisent pas. Le cerveau aime la variété. En concentrant vos efforts sur un même type d’activité, vous n’améliorerez le fonctionnement que d’une partie de votre cerveau et négligerez les autres réseaux qui pourraient être stimulés par d’autres activités.

Lorsque pratiquée régulièrement, l’activité physique, particulièrement l’exercice d’aérobie, peut avoir un impact positif considérable sur le déclin des fonctions cognitives. Voici quelques exemples d’activités qui feront travailler votre cerveau aujourd’hui pour le protéger demain :

  • Apprendre une nouvelle langue;
  • Retenir de nouvelles informations;
  • Voyager vers une nouvelle destination;
  • Adopter un nouveau passe-temps, particulièrement un qui vous fait bouger.

Lorsque vous stimulez votre cerveau avec de la nouvelle information ou de l’activité physique, ou encore lorsque vous réduisez le nombre de cigarettes que vous fumez, celui-ci ouvre de nouveaux vaisseaux sanguins, de nouveaux réseaux pour relier les nouvelles connexions que vous créez. Cela peut vous aider à vous protéger contre la démence vasculaire plus tard dans votre vie.

Quels facteurs de risque pouvez-vous changer aujourd’hui? Évaluez gratuitement votre risque pour les connaître.

 

1 Response

  1. Sylvie Landry

    Merci de cet article, ayant fait une douzaine ACV hischémique, je comprend mieux maintenant les raisons pour les quels je cherches autant mes mots, repose souvent les mêmes questions, bref, je me retrouve dans les symptômes. Je croyais faire de l’Alzheimer. Merci du fond du coeur !

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