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Récupération de l'AVC

Un meilleur rétablissement post-AVC grâce au leadership

Après les pandémies et les crises de santé publique au pays, le Dr David Jones a dû combattre un AVC.

J’ai récemment eu le privilège de prendre la parole lors d’une cérémonie de remise de diplômes de l’Université Carleton. Je me demandais ce que je pouvais dire d’utile aux nouveaux diplômés au moment où ils quittent l’université pour aller exercer la vocation qu’ils ont choisie. J’ai eu la chance d’avoir une carrière intéressante et enrichissante. Je n’aurais jamais pu imaginer, lorsque j’étais plus jeune, que j’aurais eu l’occasion d’assumer certaines des responsabilités qui m’ont été confiées. En revanche, je ne suis pas parvenu à réaliser plusieurs choses que je pensais ou que j’espérais faire.

Dr. David Butler Jones leadership et AVC

Dr. David Jones

Cette invitation m’a fait réfléchir sur ma carrière, et plus particulièrement à la notion de leadership : ce que ça signifie, les attributs requis pour bien l’assumer et les occasions qui se présentent dans la vie de nombre d’entre nous ainsi que l’espoir que nous entretenons d’être un jour en mesure d’assumer un rôle de meneur.

Le meneur n’a pas pour responsabilité de tout savoir, mais de trouver la solution. Un aspect important d’un leadership efficace est de s’entourer de personnes intelligentes qui sont prêtes à vous dire ce que vous devez entendre, pas ce que vous voulez entendre.

Bâtir un réseau de personnes différentes, des amis, collègues, mentors et membres de la famille pour qui vous comptez et qui comptent pour vous, vous sera d’un soutien réciproque. Établir des relations avec les autres nous permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé et de surmonter plus rapidement l’adversité. C’est la clé de la résilience.

Un différent type de mise à l’épreuve

Au cours des dernières années, je me suis retrouvé dans une nouvelle situation, face à des défis que je n’aurais jamais pu imaginer, et mon approche en matière de leadership a été mise à l’épreuve d’une toute nouvelle manière.

J’ai consacré l’essentiel de ma carrière à bâtir de nouvelles organisations ou à réformer des organisations existantes, tout en me penchant sur des enjeux de santé publique allant de la pauvreté aux pandémies. Puis, il y a un peu plus de trois ans, j’ai subi un AVC qui a bouleversé ma vie.

J’ai découvert que la gestion d’une pandémie était facile, du moins par rapport à la gestion du rétablissement après un AVC. Après tout, je savais comment faire face aux crises de santé publique. Mais jamais je n’aurais pu imaginer devoir apprendre à nouveau des choses qui étaient autrefois faciles, avec un cerveau qui ne fonctionne pas aussi bien qu’auparavant.

Je n’étais pas totalement paralysé, mais le côté gauche de mon corps était très faible et je devais me déplacer à l’aide d’une canne, car j’avais de la difficulté à garder l’équilibre. Mon cerveau droit ne prêtait guère attention à ce qui se passait du côté gauche de mon corps, et les deux côtés n’ont pas été en mesure de bien communiquer entre eux.

Les troubles cognitifs et la perte de la mémoire à court terme, ou mémoire de travail, étaient encore plus préoccupants. Lorsque vous perdez votre mémoire de travail, vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez oublié, même pas le fait que vous devez vous rappeler quelque chose. Par conséquent, je ne me rendais pas compte, par exemple, que j’avais déjà posé trois fois la même question à Glenda, ma femme (et pas uniquement parce que je suis un homme). Ou, pendant une conversation, à la moindre distraction, je réalisais que nous étions en train de parler de quelque chose, uniquement parce que je voyais des gens debout en face de moi qui semblaient attendre une réponse.

Play video Regardez l’entrevue que le Dr. Jones a accordée à CBC News au sujet de son AVC (en anglais).

Au même moment, je devais réapprendre plusieurs choses qui étaient autrefois faciles – le fait de marcher à reculons et de revenir sur mes pas, les noms d’objets ou d’outils usuels, des choses que je pouvais décrire ou visualiser – mais que je n’étais plus en mesure de nommer. Plus triste encore, j’ai même dû réapprendre le nom de mes petits-enfants.

Penser est devenu une tâche pénible et épuisante. Après une heure de discussion ou d’une autre activité, mon cerveau ne répondait plus, et dans des environnements bruyants, comme un restaurant, il ne réagissait plus au bout d’un certain temps.

Certaines personnes étudient et pratiquent la méditation pendant des décennies afin de parvenir à vider leur esprit de la pensée consciente. Apparemment, je n’ai plus aucun effort à fournir pour atteindre cet objectif, bien que je doute que cela corresponde à un état d’illumination.

Heureusement, j’ai bénéficié de soins d’un groupe de thérapeutes et de médecins extrêmement dévoués, sans lesquels j’aurais pu être condamné à une vie sédentaire et plus simple.

Ma nouvelle réalité

Avec le temps, j’ai recouvré certaines capacités ou je me suis adapté à ma nouvelle réalité, si bien qu’il serait difficile aujourd’hui de croire que j’ai été victime d’un AVC. Et bien que je sois en mesure d’aller plus loin, et de récupérer plus rapidement, je suis obligé de prendre une pause et de m’asseoir au bout d’un certain temps.

Alors, où veux-je en venir avec tout ça?

Ce que j’ai appris au cours de ma carrière de meneur m’a aidé à me rétablir plus rapidement après mon AVC. Les gens qui comptaient pour moi et pour qui je comptais m’ont aidé à maintenir l’énergie nécessaire pour surmonter toutes les frustrations.

D’autres m’ont appris comment faire face aux difficultés et m’améliorer. Je n’y suis pas parvenu tout seul. Les qualités que je considère comme essentielles chez un bon meneur m’ont guidé pendant mon rétablissement : le respect d’autrui, l’intégrité, la dignité, l’honnêteté, la transparence, l’ouverture, la capacité de s’adapter et le partage des réussites.

La clé réside dans le fait de tirer le meilleur parti d’une situation donnée. Je compte améliorer davantage mon état et je fournis les efforts nécessaires pour y parvenir. Bien sûr, il y a de la frustration et des échecs, mais ils ne me définissent pas.

Ma carrière a changé après mon AVC, mais je suis encore en mesure d’apporter ma contribution. Quel que soit notre âge ou le stade où nous nous trouvons, nous faisons un incroyable voyage qu’on appelle la vie et il est fort utile d’en tirer le meilleur parti.

Cet article est adapté d’une allocution de remise de diplômes prononcée par le Dr Jones à l’Université Carleton, où il s’est vu décerner un doctorat honorifique.

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