Single Blog Title

This is a single blog caption
Man stands with his arm round a woman at waters edge

Demandez à un cardiologue

Q : Plusieurs personnes dans ma famille ont été victimes d’une crise cardiaque autour de la cinquantaine. Comment puis-je éviter un tel problème?

R : On sait depuis les années 1950 que certaines familles ont une prédisposition héréditaire à contracter une coronaropathie (insuffisance coronarienne) à un plus jeune âge que prévu. Les coronaropathies sont la forme la plus courante de maladies du cœur lorsque les artères dans le cœur rétrécissent et sont bloquées. Elle peuvent entraîner une crise cardiaque.

Une étude américaine contemporaine (en anglais) à laquelle ont participé plus de 5 000 personnes de divers groupes ethniques a révélé que les participants ayant des antécédents familiaux de coronaropathie précoce avaient plus tendance à montrer des signes de coronaropathie eux-mêmes.

Si j’étais votre cardiologue, je serais très intéressé par vos parents au premier degré, c’est-à-dire votre père, votre mère, vos frères et sœurs. Je chercherais des cas de coronaropathie précoce, c’est-à-dire chez les hommes qui n’ont pas atteint 55 ans, et chez les femmes qui n’ont pas encore 65 ans. Ainsi, un signal d’alarme serait un parent proche qui a été victime d’une crise cardiaque ou d’un AVC, ou encore qui a subi un pontage coronarien ou une angioplastie à un jeune âge.

En général, le risque héréditaire peut aussi se multiplier. Si les gènes se concentrent dans votre famille, il est probable que votre risque de maladie du cœur soit plus élevé. Cependant, un risque plus élevé ne signifie pas un risque accéléré. Et le risque ne veut pas dire non plus une certitude absolue. Nous pouvons prendre plusieurs mesures pour réduire votre risque de survenue d’un événement en dépit de vos antécédents familiaux.

Tout en évaluant vos antécédents familiaux, nous déterminons tout facteur de mode de vie, tel que le tabagisme, qui peut amplifier un risque héréditaire. J’intègrerais tous ces renseignements dans l’un des outils de score de risque, qui nous aident à estimer votre risque de 10 ans ou de 20 ans relativement à la probabilité de survenue d’un événement cardiaque majeur. Cette évaluation nous oriente dans la prise de décision en matière de prévention primaire, en d’autres termes, le choix de stratégies ou de traitements visant à réduire le risque de contracter une coronaropathie évidente.

Moyens pour réduire le risque

Nous visons toujours le mode de vie d’abord, par le counseling et en tentant d’orienter le patient vers des choix sains. Nous examinons le tabagisme évidemment. Il va de soi que d’éviter le tabac réduit votre risque. D’autres facteurs que nous considérons incluent la pression artérielle et le cholestérol, sur lesquels vos gènes ont un impact, mais aussi le régime alimentaire et l’activité physique qui exercent un effet d’importance égale.

Dans de nombreux cas, l’activité physique et le régime alimentaire suffisent pour réduire votre risque avec le soutien, l’engagement et le temps appropriés. Si nous estimons que des mesures plus agressives sont nécessaires selon votre risque, nous pourrions envisager des médicaments pour réduire le cholestérol, tels que des statines et peut-être de l’aspirine. Le cholestérol est l’un des principaux facteurs de risque modifiables où l’intervention peut aider. Des études importantes montrent que si quelqu’un présente un risque suffisamment élevé, nous envisageons un traitement.

Avec un risque que l’on estime suffisamment élevé, et aggravé par des antécédents familiaux, on considère que les bienfaits l’emportent sur les effets secondaires générés par les médicaments.

La recherche génétique est prometteuse

L’une des prédispositions familiales à la maladie cardiaque parmi les plus communes est le taux élevé de cholestérol que l’on observe dans certaines familles, soit l’hypercholestérolémie familiale ou HF.

La bonne nouvelle est que, grâce à des percées majeures en recherche, nous avons réussi à isoler une anomalie génétique chez certaines familles présentant ce problème. Dans le cadre d’études réalisées il y a environ 10 ans, visant à repérer des cohortes de patients qui n’étaient pas atteints de coronaropathie et présentaient un taux très bas de cholestérol, ou un taux très élevé de cholestérol et un risque accéléré de coronaropathie, les chercheurs ont découvert un défaut génétique qui pourrait être une cible pour les médicaments. Peu de temps après, cette découverte a mené à l’élaboration d’un nouveau hypocholestérolémiant qui semble efficace chez les patients atteints d’HF et d’hypercholestérolémie en général.

À la suite de ces travaux, nous avons maintenant de nouveaux hypocholestérolémiants injectables, appelés inhibiteurs de PCSK9, qui devraient être approuvés très bientôt au Canada. Ils semblent très bénéfiques, particulièrement chez des patients souffrant d’HF, qui peuvent être sensibles aux statines, ou qui sont incapables de faire baisser leur taux de cholestérol jusqu’à un niveau normal avec des statines seulement.

Ce que chacun peut faire

Vous devriez parler en famille des problèmes de santé, tant ceux observés actuellement que dans les générations précédentes. Si un grand-père est décédé prématurément par exemple, il serait bon de savoir pourquoi. Si vous repérez des signaux d’alarme tels que ceux que j’ai déjà décrits, parlez-en à votre médecin en demandant peut-être à être orienté vers un cardiologue.

Vous seriez surpris d’apprendre le nombre de personnes qui répondent « Je n’ai jamais songé à poser cette question », lorsque je demande à connaître les antécédents de santé d’une famille. Certaines personnes connaissent peu de choses parce que le parent atteint d’un problème vivait à une époque lointaine, parce qu’elles n’ont pas une relation intime avec leur famille ou qu’elles ont été adoptées, ou que leurs questions sur des problèmes de santé remontent à un certain temps.

Il ne faut pas s’inquiéter cependant. L’évaluation des risques lors d’un examen habituel peut faire changer les choses considérablement en amenant des changements sains et en réduisant votre risque dans la mesure du possible.

  • ? Souhaitez-vous poser des questions à notre cardiologue? Adressez-les à letters@hsf.on.ca. Malheureusement nous ne pouvons offrir des réponses personnelles. Nous répondrons aux questions d’intérêt général dans des publications futures de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.

Le présent article a été conçu à titre d’information uniquement et ne doit pas remplacer un avis ou un diagnostic médical ou un conseil de traitement donné par un médecin ou un professionnel de la santé qualifié. La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC décline toute responsabilité ou obligation pouvant découler de toute erreur ou omission dans ces renseignements, ou de l’utilisation de tout renseignement ou avis contenu dans cet article.

Nous acceptons les commentaires sur nos articles, mais vous prions d’éviter l’utilisation de propos dégradants et de demeurer courtois et respectueux envers les opinions des autres. La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC se réserve le droit de supprimer les commentaires non conformes à sa politique.

Laisser un commentaire